Certains mecs séronégatifs pensent que devenir
séropositif pourrait les rendre plus proches de
leur ami. Parce qu'étant amoureux, vous voulez
fusionner, être le plus semblable possible, il peut
être tentant de partager le même statut
sérologique. Parce qu'alors, il y aurait ce lien,
indestructible, qui vous maintiendrait ensemble
pour la vie.
« Parfois je me dis que ce serait plus simple si j'étais moi aussi séropo. Je n'aurais plus l'angoisse de me contaminer. Et plus besoin de capotes entre nous. Nous serions pour toujours un couple et ce virus, on le vivrait ensemble … toujours là l'un pour l'autre. Et si j'étais séropo, il s'inquiéterait moins que je le quitte. »
Besoin d'être aussi séropo pour vivre avec lui ?
Voir les choses ainsi, c'est risquer d'accumuler d'autres problèmes pour l'avenir. Si tu deviens séropositif, ton partenaire pourra finir par se sentir coupable ou en colère de t'avoir contaminé. Ce sont des sentiments qui peuvent apparaître, parfois plus tard, si la maladie se déclenche. Et cela pourrait nuire à votre relation. Qui te dit que si tu deviens séropo tu ne tomberas pas malade le premier, le laissant s'inquiéter et devoir prendre soin de toi ? Alors que peut-être tu avais prévu de l'aider au cas où il tomberait malade ? Partager le même statut sérologique, ce n'est pas une assurance pour rester ensemble. Et vouloir être séropo pour que ton ami accepte la relation amoureuse, en fait, ça ne fonctionne pas vraiment. Le désir n'est pas lié au virus.
Protège-moi
Certes, les préservatifs peuvent être difficiles à utiliser mais il y a des manières de faire qui peuvent être plus adaptées à ta situation. Les présos peuvent être un souci dans l'immédiat, mais il faut mettre en balance avec le fait d'être ensuite séropo toute la vie et le lot de difficultés qui en découlent.
Deux personnes avec une maladie qui peut être potentiellement grave au lieu d'une seule, c'est bien plus d'inquiétude, de complications dans une relation amoureuse. Bien que certains voient l'abandon du préservatif comme un signe révélant la profondeur de leurs sentiments, beaucoup de couples envisagent l'usage des préservatifs comme une manifestation d'amour mutuel, comme l'expression du souci qu'on a du partenaire et l'envie de le protéger.
Parfois celui qui est séronégatif peut se persuader tout seul que le sexe non protégé n'est pas vraiment risqué. Il peut être tentant de penser que l'infection n'arrivera pas, pour une raison ou pour une autre et qu'on est « incontaminable » , comme si on échappait à la règle.
« Quand on fait l'amour, il est arrivé plusieurs fois que mon ami retire le préso. Il me dit que rien de mauvais n'était arrivé jusqu'alors, donc pourquoi s'inquiéter ? Dans sa famille, personne ne tombe jamais malade d'après lui. Il est en super forme et il pense que sa façon de vivre sainement fait que le sida ce n'est pas pour lui. Il pense qu'il est devenu résistant au virus. »
Immunisé ?
Certains hommes séronégatifs finissent par croire qu'ils sont immunisés ou que d'une certaine manière ils sont naturellement protégés du VIH. Ils peuvent aussi évoquer un certain nombre d'arguments pour ne pas utiliser de préso, par exemple que la charge virale de leur ami séropositif est très faible (ou indétectable) ou que le niveau de risque dépend suivant qui encule et qui se fait enculer. Alors que les personnes peuvent voir le danger du VIH lors des relations non protégées avec un inconnu, la vigilance tombe lorsqu'il s'agit de relations avec des personnes très proches. Il est vrai qu'il y a des personnes qui apparemment même après avoir été exposées de multiples fois au virus ne font pas de séroconversion. Ce phénomène a été observé chez quelques travailleuses du sexe kenyanes. Mais ces cas sont très rares. Les recherches sont en cours et il n'est pas possible pour ton ami de savoir s'il fait partie de ces exceptions.
Secouer les convictions
Vaincre ce sentiment d'invincibilité n'est pas facile. C'est un sacré défi que d'ébranler les convictions de ton ami s'il pense qu'il n'a pas besoin de s'inquiéter par rapport au VIH, particulièrement si le sexe sans préservatif est devenu sa norme sans qu'il se soit lui-même séroconverti. Il peut être utile de faire intervenir un proche, un ami commun ou d'en parler avec un conseiller d'une association pour ébranler sa conviction.
« Parfois je me dis que ce serait plus simple si j'étais moi aussi séropo. Je n'aurais plus l'angoisse de me contaminer. Et plus besoin de capotes entre nous. Nous serions pour toujours un couple et ce virus, on le vivrait ensemble … toujours là l'un pour l'autre. Et si j'étais séropo, il s'inquiéterait moins que je le quitte. »
Besoin d'être aussi séropo pour vivre avec lui ?
Voir les choses ainsi, c'est risquer d'accumuler d'autres problèmes pour l'avenir. Si tu deviens séropositif, ton partenaire pourra finir par se sentir coupable ou en colère de t'avoir contaminé. Ce sont des sentiments qui peuvent apparaître, parfois plus tard, si la maladie se déclenche. Et cela pourrait nuire à votre relation. Qui te dit que si tu deviens séropo tu ne tomberas pas malade le premier, le laissant s'inquiéter et devoir prendre soin de toi ? Alors que peut-être tu avais prévu de l'aider au cas où il tomberait malade ? Partager le même statut sérologique, ce n'est pas une assurance pour rester ensemble. Et vouloir être séropo pour que ton ami accepte la relation amoureuse, en fait, ça ne fonctionne pas vraiment. Le désir n'est pas lié au virus.
Protège-moi
Certes, les préservatifs peuvent être difficiles à utiliser mais il y a des manières de faire qui peuvent être plus adaptées à ta situation. Les présos peuvent être un souci dans l'immédiat, mais il faut mettre en balance avec le fait d'être ensuite séropo toute la vie et le lot de difficultés qui en découlent.
Deux personnes avec une maladie qui peut être potentiellement grave au lieu d'une seule, c'est bien plus d'inquiétude, de complications dans une relation amoureuse. Bien que certains voient l'abandon du préservatif comme un signe révélant la profondeur de leurs sentiments, beaucoup de couples envisagent l'usage des préservatifs comme une manifestation d'amour mutuel, comme l'expression du souci qu'on a du partenaire et l'envie de le protéger.
Parfois celui qui est séronégatif peut se persuader tout seul que le sexe non protégé n'est pas vraiment risqué. Il peut être tentant de penser que l'infection n'arrivera pas, pour une raison ou pour une autre et qu'on est « incontaminable » , comme si on échappait à la règle.
« Quand on fait l'amour, il est arrivé plusieurs fois que mon ami retire le préso. Il me dit que rien de mauvais n'était arrivé jusqu'alors, donc pourquoi s'inquiéter ? Dans sa famille, personne ne tombe jamais malade d'après lui. Il est en super forme et il pense que sa façon de vivre sainement fait que le sida ce n'est pas pour lui. Il pense qu'il est devenu résistant au virus. »
Immunisé ?
Certains hommes séronégatifs finissent par croire qu'ils sont immunisés ou que d'une certaine manière ils sont naturellement protégés du VIH. Ils peuvent aussi évoquer un certain nombre d'arguments pour ne pas utiliser de préso, par exemple que la charge virale de leur ami séropositif est très faible (ou indétectable) ou que le niveau de risque dépend suivant qui encule et qui se fait enculer. Alors que les personnes peuvent voir le danger du VIH lors des relations non protégées avec un inconnu, la vigilance tombe lorsqu'il s'agit de relations avec des personnes très proches. Il est vrai qu'il y a des personnes qui apparemment même après avoir été exposées de multiples fois au virus ne font pas de séroconversion. Ce phénomène a été observé chez quelques travailleuses du sexe kenyanes. Mais ces cas sont très rares. Les recherches sont en cours et il n'est pas possible pour ton ami de savoir s'il fait partie de ces exceptions.
Secouer les convictions
Vaincre ce sentiment d'invincibilité n'est pas facile. C'est un sacré défi que d'ébranler les convictions de ton ami s'il pense qu'il n'a pas besoin de s'inquiéter par rapport au VIH, particulièrement si le sexe sans préservatif est devenu sa norme sans qu'il se soit lui-même séroconverti. Il peut être utile de faire intervenir un proche, un ami commun ou d'en parler avec un conseiller d'une association pour ébranler sa conviction.