Mais pour pas mal d'entre-nous, c'est alors se priver d'un plaisir important de notre sexualité. Il peut être frustrant pour les couples de devoir s'en passer ou d'avoir le sentiment de devoir mettre des capotes toute la vie.
Avant de parler du risque VIH, il y a besoin d'évoquer les infections sexuellement transmissibles (IST). La pénétration anale sans préservatif favorise la transmission des IST dont les infections à chlamydia, l'hépatite B (il existe un vaccin), herpès, syphilis... Le préso diminue la transmission mais ne l'empêche pas complètement.
L'infection par une IST chez le partenaire séronégatif augmente sa vulnérabilité au VIH. Chez le partenaire séropositif, elle peut entraîner une plus grande présence du VIH dans les fluides et occasionner alors d'importants problèmes en terme de santé.
Bien que vous connaissez les règles de base du safer sex vous pouvez être amenés dans votre couple dans des situations où vous pratiquez une sexualité non protégée.
Votre ami vous a peut-être dit que les risques étaient moindre en faisant tel truc plutôt que tel autre, et vous voulez être au point là-dessus.
"Quels sont les risques si c'est le partenaire séropositif qui encule sans capote celui séronégatif ?"
C'est la situation où le risque est maximal. Un homme séronégatif qui se fait pénétrer sans préservatif par un homme séropositif est dans la position la plus favorable à la transmission. Et plus encore si son partenaire jouit en lui. Le risque est aussi majoré si la charge virale de son partenaire est élevée (voir partie charge virale).
Même le fait de pénétrer sans jouir dans le cul du partenaire séronégatif comporte un risque puisque le VIH peut passer via la mouillette (liquide pré-séminal). Et même avec les meilleures intentions, il arrive de jouir avant d'avoir pu se retirer.
Quand le sperme ou le liquid pré-séminal contaminés pénètre dans le cul, il est assimilé à travers la paroi interne de muqueuse anale et passe ensuite dans le système sanguin.
"Quels sont les risques si c'est le partenaire séronégatif qui encule sans capote celui séropositif ? "
Si le risque est moindre, il ne faut pas le négliger car cela reste un des moyens de transmission pour les gays.
Auparavant, certains experts pensaient que la transmission d'un partenaire passif vers celui actif était principalement le résultat d'un saignement dans le cul. Bien qu'il est possible que le sang soit responsable de la transmission, on prend maintenant en compte l'importance des sécrétions anales pouvant contenir le virus VIH en quantité très importante.
Le sang ou les sécrétions infectés peuvent alors entrer en contact avec le pénis du partenaire actif séronégatif et ainsi pénétrer dans le système sanguin;
- via de minuscules coupure ou écorchures sur la bite (qu'on ne voit pas toujours à l'oeil nu),
- ou par le canal urinaire.
Une étude dont les résultats ont été publiés en 2004 indique que même sous traitement antirétroviral, la présence du VIH peut être importante dans les sécrétions. Si avec les traitements on voit la présence du virus considérablement baissé dans le sperme ou dans le sang, le phénomène n'est pas aussi évident pour les sécrétions anales.
Il y a eu récemment des annonces importantes montrant que la circoncision diminuait de manière importante le risque d'être contaminé pour l'homme lors des relations hétérosexuelles. Pour les homos, il n'y pas encore d'étude importante démontrant l'intérêt de la circoncision pour celui qui encule, mais il est probable que l'effet soit le même comme l'indique déjà deux petites études faites aux Etats-Unis. Voir à ce sujet l'article publié sur le site de Warning. A vous de décider.
" Qu'est-ce qui augmente le risque de contamination ? "
o Le faire longtemps - une pénétration non protégée qui dure augmente les chances de déchirure et blessures à l'intérieur du cul, et donne au VIH (par le liquide séminal ou le sperme) l'opportunité de passer d'un corps à un autre.
o Baise hard ou à sec : ne pas mettre de lubrifiant (gel) lors de la pénétration ou lorsqu'on manipule un jouet sexuel à l'intérieur du cul, cela signifie plus de risques d'écorchures de la peau ou de saignement. Pour toutes ces raisons il est encore plus périlleux de se faire baiser sans préservatif après avoir reçu un fist ou un jouet sexuel dans le cul.
o Poppers : ils aident à décontracter les muscles anaux lors de la pénétration ce qui signifie potentiellement moins de frottement et moins de petites coupures. Mais les poppers peuvent également faire dilater les vaisseaux sanguins à l'intérieur du cul, provoquant alors des petites hémorragies et probablement plus de contact avec le sang et le système sanguin. Il est alors plus facile pour le VIH de passer du cul à la bite ou vice versa.
o Primo-infection : période qui suit la contamination, qui dure de 15 jours à 3 mois. Durant cette période, la quantité de VIH peut être très élevée dans le sperme et le sang. Une récente étude québécoise montre que près de 50% des nouvelles contaminations sont le fait de personnes qui se croyaient séronégatives et qui en fait étaient en primo-infection (2007).
o Charge virale : plus la présence de virus dans le corps est importante, plus la transmission est facilitée pendant un rapport non protégé.
o Infections sexuellement transmissibles (IST) : si l'un des deux est porteur d'une IST, elle peut causer des brèches ou des inflammations au niveau de la peau, qui donnent alors au VIH un moyen de transmission encore plus aisé.
Quand quelqu'un est porteur du VIH et qu'il a aussi une autre infection sexuellement transmissible, son système immunitaire n'a pas seulement à combattre l'infection VIH mais aussi cette nouvelle IST. Ceci peut entraîner une présence plus importante du VIH dans son sang ainsi que dans le liquide pré séminal ou le sperme. Il est alors probablement plus contaminant.
Par ailleurs, pour une personne séronégative, une gorge irritée du fait d'une IST est une meilleure porte d'entrée pour le VIH.